dimanche 27 avril 2008

The House Of The Lake

« Je vis au milieu d’un lac, sur une île juste assez grande pour une maison, un petit jardin et un débarcadère en bois humide vermoulu, du genre sur lequel on hésite à marcher. On ne peut pas s’empêcher de penser qu’il risque de s’effondrer sous nos pieds mais après tout si je vis entouré d’eau, c’est que je n’en ai pas peur pas vrai ? L’avantage c’est l’absence de voisins, je n’ai jamais été doué pour nouer des contacts de voisinage et puis j’aime la solitude de mon lac entouré d’une forêt et coupé du monde, visuellement en tout cas. Mais surtout, ça me permet de ne pas devoir lésiner sur les décibels par respect pour des voisins, les oiseaux je m’en care, ils n’approchent pas trop de la maison à cause de mon chat, un tueur.

Il fait nuit noire quand je sors prendre l’air, réveillé par une sensation de mal-être, de suffocation, d’écrasement. Ça m’a toujours fait du bien de sortir quelques minutes dans ces cas-là, promener mon regard sur l’étendue noire du lac. Seul la Lune et son reflet dans l’eau éclairent la scène.

Je suis là, seul, le regard perdu au loin, quand je suis pris d’une crise de douleur dans le ventre, comme une pointe d’essoufflement mais en beaucoup plus douloureux. Je soulève mon t-shirt pour voir si j’ai une trace d’une quelconque plaie sur la peau, une blessure que je n’aurais pas remarquée jusqu’ici, mais sans vraiment y croire. Et là, mes yeux s’arrêtent sur une énorme écharde, à deux centimètres à gauche de mon nombril. Elle est gigantesque pour une écharde, un centimètre de large. J’avance la main pour la retirer, j’appréhende à l’avance la douleur qui en résultera probablement. Je me crispe et je tire sur l’écharde. Je la sens à l’intérieur de moi, je la sens attaché, je sens que je brise ce qui avait commencé à cicatriser autour. Je tire dessus et la peu s’étire avec, la douleur est insupportable, je ne peux retenir un gémissement de douleur qui résonne comme un cri d’agonie dans le silence de la nuit. Elle est vraiment énorme, une dizaine de centimètres au minimum, et ensanglantée. Même après l’avoir retirée, la douleur est toujours là, ça me déchire de l’intérieur.

Je tombe à genoux, plié en deux sous la douleur. Je me passe les mains sur le visage et je sens des écorchures sur mes joues. Je regarde mes mains, elles sont pleines d’autres échardes, plus petites mais tout aussi douloureuses. Je commence à les retirer, les larmes coulent sur mes joues, la douleur est atroce mais je dois pourtant les enlever. À chacune, ma peau s’attache, comme si mon corps ne voulait pas être libéré de la souffrance, finalement synonyme d’une autre souffrance une fois l’écharde enlevée. Je ferme les yeux de mal et quand je les rouvre, je réalise que je suis couvert d’échardes.

Mes bras, mon torse, mon ventre, mon dos, mes jambes, je suis entièrement recouvert de minuscules échardes. La douleur est insupportable, je me sens prêt de m’évanouir. Toujours à genoux sur le bois de l’embarcadère, je commence à les retirer. Il y en a tellement, c’est comme si je m’étais trouvé au beau milieu d’une forêt et que, d’un coup, engorgée de souffrance, elle avait explosé, comme si les arbres avaient éclaté tout autour de moi, projetant leur échardes de souffrance sur ma peau, réceptacle de sa douleur matérialisée.

Une fois débarrassé de toutes ces échardes, tremblant de souffrance, ruisselant de minuscules gouttelettes de sang, j’ai respiré de grandes bouffées d’air à plusieurs reprises, emmagasinant l’énergie pour me relever et mettre en mouvement mon corps meurtri. Au loin un miaulement. Enfin debout, je reporte mon regard sur le lac et j’aperçois tout près de la forêt une barque qui s’avance apparemment dans ma direction. D’abord je ne distingue pas grand-chose dans le noir mais au fur et à mesure qu’elle s’avance, sa silhouette se précise. À son bord, une personne à l’allure humaine, je dis allure car je ne distingue pas son visage, caché sous la grande capuche d’un manteau noir informe. La barque avance toute seule, son passager ne bouge pas d’un poil, assis les jambes croisées, la tête rentrée dans les épaules et tournée vers le fond de la barque. Et là en un instant, le ciel se couvre de nuages menaçants qui ne tardent pas à laisser échapper des trombes d’eau. En un instant je suis trempé, mes habits me collent à la peau, sur mes plaies, mes cheveux ruissellent, la pluie me dégouline sur le visage de la même manière que sur le capuchon de la silhouette assise dans la barque. Derrière ce mur d’eau, tout devient un peu flou et la barque continue d’avancer, elle n’est plus très loin du débarcadère sur lequel je me tiens. Je sens battre mon cœur, j’ai peur. Cette barque ne m’appartient pas, la mienne est toujours attachée au ponton et on ne saurait pas traverser la forêt en voiture, encore moins avec une remorque pour transporter une embarcation. Mais la peur me paralyse. Encore un miaulement. La barque se cogne au bois de l’embarcadère avec un bruit sourd. Les vibrations se répercutent dans mes jambes et remontent jusqu’à mes tympans qui en résonnent. Je fais un pas en direction du bord, poussé par je ne sais quelle force exactement. Je ne peux pas m’empêcher de sursauter quand la silhouette lève vers moi son visage. Je scrute l’obscurité de l’ombre de son capuchon mais ne parviens à rien distinguer. Elle avance la main vers moi, paume vers le ciel, et la pluie cesse.»





Ears: "The Mirror's Truth", In Flames
Brain: Dreaming to escape reality

mercredi 23 avril 2008

Keeps Beating


Nine Inch Nails. Des clous de 22 centimètres et 86 millimètres enfoncés loin dans mon coeur.
But it keeps beating in spite of the pain... for you.

"Breathe... us in
Breathe... slowly
Breathe... us in
Slowly...

Everything you do,
Everywhere you go,
Anything we want
Anything...

Persuasion (slowly)
Coercion (slowly)
Submission (breathe)
Assimilation (us in)
Breathe... us in
Slowly...
Slowly..."
"The Greater Good", NIN


"I'm just a face in the crowd
Nothing to worry about
Not even trying to stand out
I'm getting smaller and smaller and smaller
And I got nothing to say
It's all been taken away
I just behave and obey
I'm afraid I am starting to fade away"
"Getting Smaller", NIN

"Oh my God, can it go any faster?
Oh my God, I don't think I can last here"
"Vessel", NIN


Ears: "Survivalism", Nine Inch Nails
Brain: Disconnected

vendredi 18 avril 2008

Dour: The Reasons

AqME

IAMX

Heaven Shall Burn

Punish Yourself

Superlux

Arid

jeudi 17 avril 2008

I Wish I Was A Vampire

"Few creatures of the night have captured our imagination like vampires... What explains our enduring fascination with vampires? What is it about the vampire myth that explains our interest? Is it the overtones of sexual lust, power, control...Or is it a fascination with the immortality of the undead?"
"Vampire", Godsmack

L'immortalité. C'est ça qu'il me faut. Pour avoir le temps.

Le temps. Je n'en ai jamais assez. Pas dans les moments où j'en ai besoin. Pour faire durer un instant, figer le présent, le transformer en éternité. Tout arrêter pour quelques secondes, j'aimerais en avoir la capacité. J'aimerais pouvoir.

Le pouvoir. Si je pouvais en avoir, si je pouvais influer le cours des choses au-delà des capacités humaines, si je pouvais juste dévier de quelques degrés la courbe du temps. Une utopie, choisir son destin.

Le destin. Par définition, il est inchangeable. Ce serait tellement facile que tout soit écrit quelque part. On n'aurait plus de choix à faire. Mais si on se place dans cette logique, nos choix sont prévus, tout est prévu. Et l'horreur de la notion saute aux yeux, la vie ne nous laisserait pas le choix. Plus de liberté de choisir, finie la liberté.

La liberté. Utopie. Je ne l'ai jamais été, libre, je ne le serai jamais. Ce serait plus simple, je ne penserais pas tant. Prisonnier, drogué, accro, dépendant, impossible de me libérer. Pas le temps, pas l'envie.

On voudrait pouvoir être libre d'un quelconque destin, libre de choisir et d'avoir le temps de l'immortalité.

"If I was your vampire,
Certain as the moon,
Instead of killing time,
We'll have each other until the sun.
If I was your vampire,
Death waits for no one.
Hold my hands across your face,
Because I think our time has come."

"If I Was Your Vampire", Marilyn Manson

J'essaie de m'évader. Je ne vois qu'un seule solution. Je branche mon portable, j'allume les enceintes et le caisson de basses. Le monde tremble autour de moi. C'est tellement bien de vivre dans un quartier désert, à l'abri des regards. Mais échapper est un rêve. L'addiction est trop forte, et chaque chanson me le rappelle très justement. C'est le hasard objectif dirait le surréaliste, des signes. Alors je me noie sous les signes, guidé par mon satellite. En tout cas, je n'y échappe pas.

"You can't escape the wrath of my heart
Beating to your funeral song (You're so alone)
All faith is lust for hell regained
And love dust in the hands of shame (Just be brave)

Let me bleed you this song of my heart deformed
And lead you along this path in the dark
Where I belong until I feel your warmth

Hold me like you held on to life
When all fears came alive and entombed me
Love me like you loved the sun
Scorching the blood in my vampire heart
I'll be the thorns in every rose
You've been sent by hope (You'll grow cold)
I am the nightmare waking you up
From the dream of a dream of love (Just like before)

Let me weep you this poem as Heaven's gates close
And paint you my soul, scarred and alone
Waiting for your kiss to take me back home

Hold me like you held on to life
When all fears came alive and entombed me
Love me like you loved the sun
Scorching the blood in my vampire heart"
"Vampire Heart", His Infernal Majesty (H.I.M.)

Ears: "Tears don't fall", Bullet For My Valentine
Brain: I don't want to escape. <3

lundi 14 avril 2008

Sweet PiM's


Laissez-vous surprendre par PiM's Cerise: sous une coque de chocolat craquante, se cache un délicieux coeur aux cerises, posé sur une génoise tendre et moelleuse.



N.B.: A conserver à l'abri de la chaleur et de l'humidité. La chaleur peut en modifier l'aspect mais n'altère pas ses qualités nutritives.
I'm addicted
Ears: "Shadow Zone", Static-X
Brain: It's worth it, trust me.

lundi 7 avril 2008

AM 05.40


-Mais... Qu'est-ce que je fais ici?

-Tu es revenu... Je t'avais pourtant prévenu...

-La Mort...

-Cette nuit il a plu sur Mon Royaume, un nuage noir a implosé. Il a plu. Il a plu. Il a tellement plu. La pluie salée a assèché ce qu'il restait de terre qui ne l'était pas. Toute la nuit il a plu. Il a plu et encore plu. Et le nuage est toujours là, il se réemplit après chaque pluie, jusqu'à l'explosion. On l'appelle "La Pluie de Sang". Les Larmes d'Haemoglobin

-La vie n'a plus de goût... Je me lève, je me douche, je fais tout ce que je fais le matin, sans goût, sans réfléchir, mes pensées occupées par une seule chose... Mais je me dis que je ne peux pas me laisser abattre, plutôt me laisser emporter par le vent de l'optimisme qui souffle en moi. Sauf qu'il n'a jamais été si faible., faible brise qui ne parvient même pas à chasser le nuage vide... Il n'a jamais été si faible... Jamais.

-Je ne veux pas de toi ici, tu n'es pas à ta place!

-J'apprends ce matin à 8h que j'ai une évalutation à 9h... Ca ne va pas être facile, je le sens mal. Le texte parle d'argent, de liberté, de servitude... Je suis ton esclave. Je suis à la limite de perdre le contrôle en pleine rédaction. Je dois être fort.

-Tu l'es. Et tu dois le prouver.

-J'aimerais bien mais je n'en suis pas capable. J'ai du mal à respirer, et ce n'est pas une image... Breathe... J'ai envie de vomir. Je n'en peux plus. Même pas 24h... Je n'aurais vraiment pas dû écouter Vicki Vale. Vraiment pas.

-Il pleut de nouveau...

-"L'éclaircie est partie. Maintenant tout est gris depuis les intempéries puisqu'il pleut dans mes yeux..."
"Nous ne sommes que deux sur six milliards,
C'est ambitieux mais j'aime y croire.
Aucun adieu, pas d'au revoir,
Trouve-moi,
Trouve-moi"
"Ensemble", Vicki Vale
Ears: "Les neufs vie du chat" + "Ensemble", Vicki Vale
Brain: It's raining again...

dimanche 6 avril 2008

Visit The Death And The Angel

Day 1: D-Day - 1
Depuis quelques heures, l'espoir qui me faisait vivre et m'avait abandonné est revenu. Dans les rues sombres de l'Enfer, où l'on me regarde passer de travers, "Il n'est pas à sa place ici, lui. Regardez-le.", j'ai erré. J'ai rendu visite à la Mort. On pourrait la penser effrayante, c'est le cas. Difficile à supporter, mais de très bon conseil pour les Humains égarés dans Son Royaume. Très pragmatique, très concise, très claire finalement et paradoxalement dans ce Monde de Noir, sans une touche de Blanc. En tout cas normalement, tant que le Blanc de tes yeux ne fais pas Tache, Tich. On s'en ferait presque une amie, mais ce serait se jeter dans la gueule du Loup, la Mort ne laisse jamais ses amis repartir, Elle y tient trop. Je ne veux pas finir Sujet de Sa Seigneurie, même si je n'ai plus grand-chose à perdre. L'Optimisme me retient à la Vie, fil ténu attaché à un brin de roseau. Tant mieux, plus résistant que le chêne, il me permettra de retrouver mon chemin pour sortir de Son Royaume, attirant s'il en est, libre de tout tracas.
L'espoir est donc revenu, mais je n'ose trop m'y accrocher. J'ai pourtant suivi la voie que la Mort m'indiqua pour sortir de là, "Suit ton chemin, toi seul peut savoir où il te mènera." J'ai donc marché, direction la Lumière. La route était longue, j'avais été prévenu, mais la Volonté me guidait. Et j'y suis arrivé.
Day 2: D-Day 1
Tout la journée j'ai attendu, yeux fixé sur les aiguilles de l'horloge en attendant l'Heure H. Et stressé aussi, pas moyen de travailler. Enfin, fin prêt, je suis parti.
On pouvait faire mieux comme arrivée: retard et Legoparty, le concert le plus nul que j'ai jamais vu. Mais on fait avec. De toute façon, je ne suis pas vraiment là pour Legoparty. Peut-être pour Vincent Venet et IAMX, là je ne dis pas. Quoiqu'après plus tellement. Donc voilà, en gros une soirée qui commence moyennement mais qui finis très bien. Mais je ne peux rien y faire, j'ai l'appréhension de l'expérience, de deux expériences.
Day 3: D-Day 2
Je me suis rarement tant réjoui d'aller à un concert, surtout avec une si petite part pour le concert en soi. Une soirée parfaite. "Il existe comme ça des jours qu'on marque d'une croix, d'autres qu'on entoure et enfin ceux qu'on a envie de mettre un cœur autour..." J'entoure, je croise et j'aime ce jour, à l'indélébile noir épais, du genre qui résiste à tout. Jamais je n'oublierai, c'est gravé dans ma mémoire, tous mes sens y ont participé, jamais je n'oublierai. Ma vie s'arrêterait que je ne serais déçu que de deux choses: ne pas en profiter plus et faire du mal à ceux auxquels je pourrais manquer.
J'ai grimpé au chêne, une main s'est tendue, un Ange m'a emmené. Je me suis abandonné, j'ai tout laissé pour profiter. J'ai connu le bonheur complet, j'aime à en être persuadé. J'aurai connu les deux extrêmes, la Mort Noire et l'Ange Blanc, jamais totalement indissociables mais chacun avec assez d'influence sur l'autre pour l'écarter totalement pour un temps incertain.
Au son de Vegastar, pouvoir se moquer, un peu quand même. Au son de Pleymo, pouvoir te voir heureuse. Au son de Monsoon, Arid et Mud Flow, pouvoir te sentir sur mon coeur. Au son de No One Is Innocent, pouvoir profiter de toutes ces choses en même temps, musique et sentiments. Et sous la pluie, chanter.
Day 4: D-Day + 1
Réveil difficile, mal aux jambes, aux pieds, à la tête et... au petit doigt. Tant de douleurs, mais aussi ce qui les guérit toutes. Du moins le pensais-je. Douleur plus forte encore et pourtant je ne peux me résoudre à m'en écarter. L'envie est plus forte, envie d'espérer, envie de pouvoir éviter une autre rencontre avec la Mort et discuter musique avec l'Ange. Envie de toi.
<3
Ears: "After Every Party I Die", IAMX + "La Peur", No One Is Innocent
Brain: Wishing it could be as easy as it was for two days...