lundi 28 juillet 2008

Reverence

"Dans le cadre d'un programme de remise en forme visant à réduire mon espérance de vie à celle d'un mineur du dix-neuvième siècle, je faisais mon jogging l'été dernier dans la Cinquième Avenue. Afin de soulager mon système respiratoire anémié, je m'arrêtai à la terrasse du Stanhope Hotel et commandai une vodka-orange bien fraîche. Le jus d'orange étant tout à fait recommandé dans mon régime, je m'envoyai plusieurs tournées. Sauf qu'au moment de me relever, j'exécutai une série de figures acrobatiques dignes de Bambi faisant ses premiers pas.

Des profondeurs d'un cortex qui avait généreusement mariné dans la Smirnoff, je me rappelai soudain avoir promis de m'arrêter chez Zabar pour acheter des médaillons de chèvre et du pain braisé hollandais. Si ce n'est que je me trompai de porte et entrai en titubant au Metropolitan Museum. Je m'avançai dans les couloirs d'un pas vacillant, ma tête tournait comme un Zoetrope, et en reprenant peu à peu mes esprits, je me rendis compte que j'avais devant moi les tableaux d'une exposition intitulée "De Cézanne à Van Gogh: la collection du docteur Gachet".

Gachet, compris-je d'après le topo placardé au mur, avait été le médecin traitant de peintres tels que Pissarro et Van Gogh, à une époque où ceux-ci n'étaient pas encore des artistes adulés, soit qu'ils fussent tombés sur une cuisse de grenouille pas fraîche, soit qu'ils eussent un brin forcé sur l'absinthe. Comme la célébrité n'était pas encore au rendez-vous et qu'ils n'avaient pas un sou vaillant en poche, ils cédaient une huile ou un pastel en échange d'une visite à domicile ou d'une dose de mercure. Gachet accepta les oeuvres qu'on lui offrit et grand bien lui en prit, me dis-je en admirant les tableaux de Renoir et Cézanne, probablement décrochés des murs de la salle d'attente du brave médecin. Je ne pus m'empêcher de m'imaginer dans une situation similaire."
"L'erreur est humaine (nouvelles)", "Les infortunes d'un génie méconnu", p. 120, Woody Allen.

La suite? Un délire d'humour All(i)en au cours duquel un psychiatre en vue accepte de s'occuper d'un patient en échange de textes de chansons (Souris-moi, souris-mi; Ah y meurs, Alzheimer; ...)que ce dernier écrit, pour finalement s'apercevoir, une fois sur la paille, qu'il n'a aucun talent.

"J'en suis arrivé à la conclusion suivante: Pepkin n'est qu'un pauvre schnock totalement dénué de talent."


Parce que je ne sais pas quoi dire d'autre que ce que tu sais...


Ears: "Wenn du weinst", Oomph!
Brain: It's been already too long...

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