lundi 26 janvier 2009

Abyss



Frêle esquif aux ancres multiples voguant au gré des courants changeants du grand Styx infini. Parfois malmené souvent caressé, toujours il gravit les monts et dévale les pentes de l'eau formidable. Souffrant les grincements, les claquements, les déchirements, le timide Navire reste ancré fermement au plus profond des abysses. Là, lumière et clarté riment avec désert et oublié. Il n'est pas de lieu plus sombre et plus repoussant. Dans l'ombre grouillent mille Démons aux dents acérées qui rient en écho aux cris des marins perdus dans la tourmente de la surface. Âmes déchues, ils n'ont plus d'horizon à scruter dans l'attente de la venue de l'astre suprême. Leur monde est ténèbres. Ils s'en nourrissent dans un cyle infini d'engloutissement et de déjection. L'espoir leur est inconnu et leur crâne est vide de souvenirs. Ne connaissant rien d'autre, il se vautrent sans répit dans leur souillure aux remugles piquants. C'est là, dans ce royaume où règne en despote l'Immonde, que les ancres ont été il y a longtemps jetées. Les années passant, une pourriture puante les a recouvertes de son épaisse couche visqueuse, ne laissant plus paraître à l'oeil de l'Aveugle que de noires chaînes aux maillons fragiles et rouillés s'extirpant de cette tourbe funèbre.

Depuis peu, le fond du fleuve est agité de soubresauts. Ses spasmes infatigables secouent cet Enfer, remuant comme le monstre attaché qui tente d'échapper aux tourments de la torture que lui imposent ses tortionnaires. Chaque mouvement semble le dernier, chaque contraction musculaire résonne dans les chaînes comme l'ultime effort avant la résignation finale, chaque cri frappe l'air comme l'extrême expiration. Chaque sursaut de violence vibre comme l'écho du premier battement d'un coeur depuis trop longtemps inerte, faisant des chaînes les cordes d'une harpe colossale. Ce son empli de promesses est le pire qui puisse exister aux oreilles de la vermine infecte qui tapisse le fond du fleuve majestueux. Sa force grandit chaque jour, l'Espoir vit.

De la câle au mât, de la poupe à la proue, le Navire vibre. Les noirs flots ne lui sont plus une menace depuis l'apparition de ces Frissons, qui gonflent ses voiles blanches jusque là sans vie en les déployant comme de palpitantes ailes frêles, prètes à prendre leur envol pour les nuages là-haut. Diaphanes, ils laissent filtrer comme de vaporeux voiles une lumière pure qui ne brûlerait pas même les ailes d'Icare, ce doux rêveur.




Ears: "Nothing's Wrong", DevilDriver
Brain: Heart. Shiver.

mardi 13 janvier 2009

Blank File



Dark world, open your curtains.
Please, welcome me beyond.
I'm coming again.



My heart,
Torn apart,
Left a rifled grave...




Ears: "All Hope In Eclipse", Cradle Of Filth
Brain: Feelings of emptiness and depression.

dimanche 11 janvier 2009

Under-Optimism


11h11

Et toujours pas avancé sérieusement dans mon travail. Je ne supporte pas de bloquer. J'ai toujours l'impression de perdre mon temps. Être là, assis à un bureau ou une table, sans sortir de chez soi de la journée, lire, relire, relire encore, réciter, écrire, noter, pester, s'énerver, perdre sa bonne humeur et ne savoir que faire. Étudier au lieu de sortir et... vivre. Comme si je perdais mon temps si précieux, comme si je chaque heure d'étude était une heure à vivre en moins. Et finalement c'est vrai, j'étudie et je ne fais rien. Cette impression horrible de ne rien foutre de sa vie et de passer à côté de choses éminement plus importantes que le discours en concordance métalinguisitique-machin-truc ou la grammaire d'une langue parlée par une centaine de personnes au monde. Mais c'est le devoir de l'étudiant, étudier pour réussir, préparer son avenir. En attendant, je perds le présent. Pourtant un présent ça ne se refuse pas.

14h14

Et puis on se reprend, on s'auto-motive et on se remet à l'ouvrage. On n'y pense plus. Pour un court instant. Parce que l'impression est persistante et omniprésente: je perds mon temps. Alors on se pose des questions, on se demande si c'est vraiment ce que l'on veut faire, on pense à l'avenir et on ne s'y voit pas quand tant de choses nous rattachent au présent et que l'avenir effraie.

16h16

Et plus on y pense, plus le mal-être s'étend à tous les aspects de notre vie pour en arriver à l'âpre constat qu'au final, notre vie n'a pas de sens. Négliger le présent pour construire l'avenir? Faire passer le futur avant le présent? J'en peux plus. Je voudrais pouvoir tout plaquer et partir loin. Le Canada ou la Nouvelle-Zélande, j'hésite encore. Et te prendre avec moi.

Et on a beau y rêver, tout le monde est bien conscient de l'impossibilité de réaliser un tel projet. Alors je me dis que finalement, même si je n'en ai pas toujours l'impression, j'ai quand même une vie agréable. J'étudie quelque chose qui m'intéresse en règle générale, je vis des années d'insouciance, je ne manque de rien et... j'aime.

22h22

"De l'Amour à pleins poumons
Jusque dans le dédale de nos veines
Du ciel bleu, des flocons,
La fraicheur de la neige en plein soleil"


Ears: "Le Prochain Été", Sidilarsen
Brain: I have this never-ending dream of the two of us out of time.

vendredi 2 janvier 2009

2009


Ears: "Ce Soir", Kyo
Brain: I made a terrible mistake that I never meant to do, one mistake I would have thought I could do. This is just so far away from what I really am. I made a mistake but I never meant to hurt you. I'm in love with you. I don't ask your forgiveness, I don't ask you to understand something I don't even understand myself. I just want you to keep on trying. I believe in us. I love you.