"Non, [il ne m’a pas plu], confirma Roland. Pas du tout. Et je ne lui fait pas confiance non plus. J’ai déjà rencontré des fileurs de contes, Jake, et ils sont tous plus ou moins taillés dans le même bois. Ils racontent des histoires parce qu’ils ont peur de la vie."
"La Tour Sombre", Cycle de La Tour Sombre, T. 7, Stephen King
Alors c’est comme ça que le monde tourne ? Les belles histoires sont faites pour saigner nos pauvres cœurs à blanc ? Mon corps ne serait alors capable que de produire deux liquides lors de tels moments, l’un salé l’autre ferreux, l’un translucide l’autre écarlate ? Après tout, l’un au moins est nécessaire à la vie… Mais comme ça ? J’ose croire que non, que la vie, c’est pas ça. Que la vie, c’est l’Amour.
"Don't leave me, don't go away
Stay beside me for another day
My love for you will never die
Don't leave me, don't go away
Stay near me for one more day
You know my love will never die
I would rather be
In your arms tonight
Finally to close my eyes
And you to hold me tight
I will drown again
In your arms tonight
Finally to close my eyes
Forever in your arms "
"Love Never Dies (Part II)", Apoptygma Berzerk
S’il existe un Dieu ou n’importe quoi, quelque chose qui gouvernerait nos vies, appelons-le le Roi Cramoisi (Grand merci, sai-King), ce truc est le sadisme incarné. Donnez-moi un « amen », merci beaucoup. Nous faire entrevoir le bonheur pour nous en claquer la porte au nez, je vois pas comment appeler ça autrement. Et vous qui êtes heureux, profitez-en, le Roi vous a oublié. L’ère de l’optimisme est finie depuis longtemps, pour autant qu’elle ait jamais eu lieu. Heureusement tout n’est pas perdu, le Ka dirige nous vies dans l’autre sens, et il arrive qu’il gagne, seulement il n'y parvient pas sans aide : il faut y croire.
Je suis assis par terre et très mal mis. La douleur monte depuis mes chevilles écrasées par le poids de mes jambes et de mon portable et se répand lentement en remontant mes jambes. Là, c’en est aux cuisses. En parlant de douleur, j’ai découvert les deux raisons pour lesquelles on associe les sentiments au cœur, alors qu’a priori le rapport n’est pas vraiment évident… L’Amour fait battre le cœur : chaque fois que je t’ai attendue quelque part, que j’ai fait le trajet pour venir te retrouver, mon cœur accélérait avec l'approche du moment où, enfin, je t'apercevrais. Je ne compte pas les heures passées dans le bus à essayer en vain de lire ou en profiter pour travailler un peu alors que tout ce que j’avais en tête c’était toi, rien d’autre que toi. Bien souvent, quand le moment arrivait, j’en restais sans voix pendant un court instant. Je te regardais avancer vers moi, j’avançais vers toi et je voyais ton sourire se dessiner au loin et le mien en était le reflet. Et quand nos lèvres se touchaient, le monde partait en vrille, on vacillait et on se raccrochait l’un à l’autre pour ne pas tomber, pour ne pas se perdre dans le néant de Discordia, noir et froid. On voulait la lumière et la chaleur. On a au moins eu le noir et la chaleur. Et puis il fallait se séparer, même si ce moment devrait durer pour toujours, le fragile équilibre de deux êtres qui s’accrochent l’un à l’autre dans un univers instable et hostile. Il fallait se séparer et les lois de la physique reprenaient le contrôle des choses, le déséquilibre s’évaporait, retour dans le concret. Parce que l’Amour est aussi parfois un clou de neuf pouces qui s’enfonce dans votre cœur profondément, jusqu’où il peut. Et vous croyez pouvoir vous en débarrasser, you fools, alors vous tirez, vous tirez. Le métal froid sort doucement du plus profond de la blessure et il suffira d’un instant infime d’inattention pour qu’il profite de votre faiblesse et s’y enfonce à nouveau, d’un grand coup violent alors que déjà la guérison faisait son œuvre au fond de votre cœur. Alors je suis là, assis par terre. La douleur est arrivée en haut de mes cuisses, juste en dessous de mes hanches, tandis qu’une autre se répand dans mon ventre depuis ma poitrine où bat doucement un cœur las.
"La troupe de Flaherty gisait au pied de la porte comme un tas de rondins, Lamla devant, tourné vers le sol. Pas un d’entre eux, n’avait eu la moindre occasion de tirer. Dans le couloir carrelé flottait un nuage de fumée bleue et puante. Puis les purificateurs d’air se mirent en route, haletant laborieusement dans le mur, et les pistoleros sentirent sur leur visage l’air brassé, puis aspiré.
Eddie rechargea son arme – son arme à lui, désormais, c’est ce qu’on lui avait dit – et la laissa retomber dans son ceinturon. Puis il s’approcha des corps et en écarta distraitement quatre d’un coup sec, histoire de pouvoir accéder à la porte.
- Susannah ! Suze, est-ce que tu es là ?
Est-ce qu’aucun de nous, à part dans ses rêves, s’attend réellement à retrouver un jour ceux qu’il aime le plus au monde, même lorsqu’il ne les quitte que quelques minutes, pour une simple course ou une autre futilité quelconque ? Non, pas du tout. Sitôt qu’on les quitte des yeux, c’est comme si au plus profond de son cœur on les croyait déjà morts. Après avoir reçu tant, se dit-on, comment espérer ne pas être déchu comme Lucifer, comme châtiment de cet orgueil stupéfiant, pour avoir tant présumé de notre amour ?
Aussi Eddie ne s’attendait-il pas à l’entendre répondre – jusqu’au moment où sa voix lui parvint, comme issue d’un autre monde, juste à travers l’épaisseur du bois."
"La Tour Sombre", Cycle de La Tour Sombre, T. 7, Stephen King
Hier, en levant les yeux de mon bureau inondé, j’ai vu l’heure : 22h22. Attiré par les chiffres, j’ai jeté un œil sur la date : 01/03/09. 1+3+9 =13, 2x13 = 26, 26-(1+3) = 22. Puis j’ai pensé à la nuit, j’ai regardé l’heure à 1h11 puis le matin je me suis levé à 11h11. Et 1 c’est la moitié de 2, pas vrai ? 11 de 22, pas vrai ? 22 c’est nous, 11 c’est moi sans toi. Là, je me suis dit que j’exagérais un rien alors je me suis tourné vers la musique, et pour éviter de tomber sur une chanson dont je connaisse les paroles et qui me fasse penser à toi, je suis allé chercher une playlist sur Imeem. Première chanson : « Lover Never Dies » d’Apoptygma Berzerk, jamais entendu parler. Et plutôt pas mal. Alors je veux bien qu’on me parle de coïncidences, mais merde, tout le temps ? Je veux bien que quand on est dans un état pareil, on cherche à s’accrocher à n’importe quoi qui confirme son état, mais merde, c’est ma faute si la première chanson me fait penser que je ne saurais pas t’oublier ? Alors je jette mon dévolu sur Be Series, je tombe sur « True Blood », une belle histoire de vampires. J’ai regardé deux épisodes, chose pratique pour s'épuiser et parvenir à s'endormir malgré tout, et à la dernière scène, … elle lui demande de la mordre et lui s’inquiète de la réaction de sa famille quand celle-ci verra les marques dans son cou. C’est une coïncidence, c’est ça ? Si les larmes étaient faites d’acide sulfurique, le fauteuil aurait disparu.
"Forever in your arms, you said.
Forever in my heart.
My love for you will make us both fly higher.
Driven by the power that is burning in my heart.
I know my faith, and you will keep us together.
Forever in your arms, you said.
Forever in my heart.
My love for you will make us both fly higher.
I sense your presence in this room,
I feel that you are near.
So hold me close and whisper love is forever.
Love is forever.
Love never dies."
"Love Never Dies (Part I)", Apoptygma Berzerk
Je me fiche complètement de ce qu’on pourrait en penser, sans toi je me sens inutile et vide. Tout ce que je fais te rappelle à moi, jusqu’à bêtement ouvrir ma porte. Je t’entends dans ma tête, je m'écarte par réflexe. Je n’ai même pas envie de me sentir mieux. I feel like shit, but at least I feel like something. Je m’y accroche comme à la preuve de mon amour.
Et je pense à toutes ces choses qu’on avait prévues de faire et qu’on ne fera, peut-être, jamais. Et je me laisse naïvement prendre au piège des « Et si ». Je ne peux pas m’en empêcher, je sais pourtant très bien que je me fais du mal, avec des « si »… Avec des « si », j’aurais le permis A, la Nouvelle-Zélande ne serait pas une île et serait moins loin, rien ne nous retiendrait et je t’emmènerais loin, on partirait tous les deux très loin, et on s’aimerait sans se poser de questions. Avec des « si », le port d’armes serait autorisé, je porterais un flingue sous ma veste et dans le chargeur, il manquerait déja au moins une balle. Avec des « si », rien ne ferait obstacle à notre Amour.
"Quand l’amour quitte ce monde, tous les cœurs s’arrêtent. Parlez-leur de mon amour, et parlez-leur de ma douleur, et parlez-leur de mon espoir, qui est toujours vivant."
"La Tour Sombre", Cycle de La Tour Sombre, T. 7, Stephen King
Ears: "Love Never Dies", Apoptygma Berzerk
Brain: It's not too late...
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