Un centimètre d’épaisseur, une photographie argentique des escaliers de la Butte Montmartre, rouge foncé avec un bandeau noir. Ses couleurs, sa beauté simple. Le genre d’objet que l’on serait vite tenté de toujours garder en poche pour pouvoir l’effleurer du bout des doigts à tout moment. Pouvoir poser ses yeux dessus à tout moments, frissoner à son moindre contact déclencheur de réactions électriques sous-cutanées sans jamais s’en lasser, goûter ses lèvres et sa peau pour ne jamais en oublier la douceur et la délicatesse, plonger dans ses yeux, et se sentir le mieux du monde dans ses bras.
Délicatement, je retire l’élastique, je dérape et il claque. Ne sois pas si pressé, profites du moment qui précède la révélation, c’est divin, tu verras. Je soulève doucement la couverture de carton, et je plonge. Prochain arrêt: Par(ad)is. Un monde de douceur, un monde qui respire le bonheur, la chaleur des battements d’un Coeur précieux et fragile. Une histoire dans une histoire. Un monde dans un monde. Les pages se tournent, les épisodes s’enchaînent, je suis sous le charme. Au détour des pages, un Coeur en Chocolat, un arbre, un voyage sur la Lune, une Tortue gourmande et un agent chimique X. Quand j’arrive à la dernière page, trop tôt, je n’ai plus qu’une envie: recommencer ce voyage avec elle. J’en fais la promesse.
Et là, alors que je referme la couverture rouge sur ses petites feuilles jaunes crayonnées par sa main adroite, là, à ce moment précis, tout bascule. Une sensation inconnue s’empare de mon corps, je perds le contrôle. Je me mets à trembler, comme une feuille en automne, alors je crains la chute. Free Fall. Et les premières gouttes viennent. Je viens de lire les plus belles lignes qu’il ne m’a jamais été donné l’occasion de lire, chaque lettre résonnait dans mon coeur comme un millier de carillons, chaque molécule de mine de crayon, chaque rayon de lumière que mon oeil perçoit, chaque atome de ce petit bijou est comme une explosion dans la cabane au fond de mon coeur. Mon visage se fige, un sourire imbécile sur mes lèvres, mes mains tremblent, s’agrippent à l’élastique. Et là, je réalise que je suis en train de pleurer. Je pleure, pas de tristesse, pas de joie, je pleure d’Amour. Et c’est la plus étrange des sensations. C’est loin d’être désagréable. Je pleure d’Amour. Je pleure d’Amour!
Si je devais écrire un dernier article, ce serait celui-ci. The High End Of Low. L’Apothéose de Nous. Mais il nous reste trop de choses à vivre pour que je m’arrête ici. Ces pages seront les minutes de notre histoire, et elle est loin d’être terminée. Oserais-je dire qu’elle ne fait véritablement que commencer? Non, elle a commencé depuis bien plus longtemps que ça, mais aujourd’hui, nous y sommes. Nous sommes. The Apogee Of Our Love.
“Alors on vit chaque jour comme le dernier.
Et vous feriez pareil si seulement vous saviez
Combien de fois la fin du monde nous a frôlés…
Alors on vit chaque jour comme le dernier,
Parce qu'on vient de loin.”
Ears: “We’re From America”, Marilyn Manson
Brain: I have faith in you. I have faith in us.