mercredi 26 novembre 2008

Cold

Dans le froid polaire, mon coeur en miettes que je ne voulais pas laisser partir, je suis sorti de chez moi en pleine nuit. J'ai remonté la rue. Pas de voitures. Pas un bruit à part l'eau qui ruisselle dans les égoûts. En haut de la rue, je me suis retourné, j'ai regardé la pente. Un sanglot m'a secoué. Je me suis élancé. Au milieu de la rue. Et j'ai couru. Le plus vite que je pouvais. Je me suis laissé entraîné, le sang battait à mes oreilles, des serpents de glace me striaient les joues, l'adrénaline accélérait mon rythme cardiaque. Mon coeur battait. J'avais une vision à l'esprit, je me voyais tomber, trébucher, m'étaler sur le bitume, m'écorcher les mains en me rattrapant, ne pas y parvenir, fracasser mes lunettes et m'arracher la peau de la joue sur le sol froid et dur.
Please.
En bas de la rue, en atteignant le plat, je me suis arrêté. Au milieu de la rue. Et j'ai regardé les étoiles, le coeur battant, la vue brouillée. J'ai toujours eu du mal à respirer après avoir couru trop vite. Ma respiration sifflait, tout mon corps tremblait, j'était gelé mais je me sentais vivant. Alors j'ai entamé le retour, en marchant sur le bord du trottoir, les bras ballants, haletant de larges nuages de vapeur. Une voiture passe et ralentit, probablement en me voyant marcher seul dans le noir, complètement ailleurs. Elle s'arrête à ma hauteur. Oui je vais bien, non ne vous en faites pas, ça va aller. Oui il fait froid, je rentre. Au revoir, bonne route. Une fois la voiture disparue au tournant, je me suis assis par terre, dans les feuilles gelées qui cassent sous moi. Qui craquent, comme moi. Puis je suis rentré.
Ears: Error 404.
Brain: Error 404.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

understand. so true. but tomorrow is certainly different. hope.